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Rétro-ingénierie du moteur Unitree GO-M8018-6
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Rétro-ingénierie du moteur Unitree GO-M8018-6

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Thomas Flayols a entrepris le reverse-engineering du driver propriétaire des moteurs GO-M8018-6 équipant le robot quadrupède Go2 de Unitree Robotics. Ces actionneurs, proches des GO-M8010-6 du Go1 déjà vendus séparément par Unitree, intègrent dans un boîtier compact un réducteur, un encodeur magnétique, un onduleur triphasé, une mesure de courant, un bus RS-485 et un microcontrôleur Cortex-M0 CMS32M57xx de la série CMS32M. La démarche a commencé par l'analyse physique du PCB, rendue difficile par le fait qu'Unitree a délibérément effacé toutes les sérigraphies sur les composants. Un examen aux rayons X combiné à du travail d'investigation a permis d'identifier le MCU et les autres circuits. L'accès SWD via OpenOCD a ensuite été établi, permettant d'extraire la clé de firmware depuis la SRAM du bootloader. Malgré le chiffrement du firmware, cette clé récupérée localement a suffi à le déchiffrer. Un premier firmware personnalisé a pu être développé, que Flayols entend faire évoluer vers une solution open source complète.

L'enjeu dépasse le simple exercice technique : un firmware libre pour ces moteurs les rendrait accessibles à un écosystème bien plus large que celui de Unitree, notamment pour des laboratoires de recherche, des intégrateurs et des makers qui souhaitent exploiter ces actionneurs sans dépendre d'un SDK propriétaire fermé. Sur le plan mécanique, ces moteurs offrent un rapport prix/performance solide pour la robotique à articulations compactes. La démarche répond aussi à des préoccupations concrètes de sécurité : le firmware officiel du Go2 a fait l'objet d'accusations sérieuses de malware et de failles documentées, ce qui posait un problème réel pour tout déploiement dans des environnements sensibles. Un firmware alternatif auditée permettrait de contourner ces risques.

Unitree s'est imposé ces dernières années comme l'un des rares fournisseurs à proposer des robots quadrupèdes à prix accessible, le Go2 étant commercialisé autour de 1 600 dollars en version Education. Cette accessibilité a généré une communauté active de développeurs, mais l'écosystème propriétaire a toujours constitué une limite. Les moteurs GO-M8010-6 sont déjà vendus séparément et utilisés dans divers projets open hardware, notamment des robots bras. Le travail de Flayols s'inscrit dans une dynamique plus large de démocratisation des actionneurs robotiques, en parallèle d'initiatives comme les moteurs de T-Motor ou les designs ouverts de Mjbots. La prochaine étape annoncée est le développement d'un firmware complet avec contrôle de couple, ouvrant potentiellement la voie à une réutilisation du Go2 dans des contextes où le firmware officiel est inacceptable.

Impact France/UE

Les laboratoires de recherche et intégrateurs européens utilisant des robots Unitree pourraient adopter ce firmware alternatif open source pour contourner les failles de sécurité documentées du firmware officiel, rendant le Go2 déployable dans des environnements sensibles.

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Kine2Go : jeu de données cinématiques pour le robot Unitree Go2, avec allures et mouvements variés
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Kine2Go : jeu de données cinématiques pour le robot Unitree Go2, avec allures et mouvements variés

Une équipe de chercheurs a publié en juin 2026 Kine2Go, un jeu de données cinématiques open-source destiné au robot quadrupède Unitree Go2. Le dataset contient 800 trajectoires de marche couvrant une large variété de gaits, issues de 40 politiques de contrôle distinctes. Le pipeline développé accepte des données de locomotion provenant de morphologies quadrupèdes variées et les retraduit dans un format compatible Go2. Ces politiques sont entraînées par renforcement (RL) pour reproduire fidèlement les trajectoires cibles, puis les données collectées en simulation incluent des perturbations, ce qui produit des séquences cinématiques robustes accompagnées des commandes moteur correspondantes, niveau actionneur. Le problème que Kine2Go cherche à résoudre est concret : les approches modernes d'apprentissage sur robots, qu'il s'agisse d'imitation learning, de behavioral cloning ou de RL, nécessitent des données de démonstration incluant l'état cinématique complet du robot et les actions appliquées aux moteurs. Construire le pipeline d'acquisition de ces données est coûteux en temps et en ingénierie, ce qui constitue un frein réel pour les équipes de recherche à ressources limitées. En prépackageant 800 trajectoires prêtes à l'emploi avec leurs labels moteur, le dataset réduit significativement ce coût d'entrée pour les travaux en navigation, contrôle de locomotion et transfert sim-to-real. La présence de perturbations dans les données est un choix pertinent : elle expose les modèles apprenants à de la variabilité, ce qui améliore la robustesse des politiques résultantes en condition réelle. Le Unitree Go2 s'est imposé ces deux dernières années comme plateforme de référence accessible dans la recherche en locomotion quadrupède, notamment face au Boston Dynamics Spot, beaucoup plus onéreux. Sa démocratisation tient au rapport coût-performance : moins de 2 000 dollars en version grand public, contre plusieurs dizaines de milliers pour ses concurrents institutionnels. Ce contexte de coût hardware décroissant est précisément la motivation affichée par les auteurs. La prochaine étape logique serait l'extension du pipeline à d'autres plateformes quadrupèdes populaires comme l'ANYmal de ANYbotics ou le Spot de Boston Dynamics, voire aux robots bipèdes, que le pipeline générique semble en principe permettre. Le preprint est disponible sur arXiv (2606.14433).

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Système de navigation autonome pour robot de bibliothèque basé sur Unitree Go2 Edu
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Système de navigation autonome pour robot de bibliothèque basé sur Unitree Go2 Edu

Des chercheurs ont publié sur arXiv (réf. 2606.03340) une architecture ROS 2 de navigation autonome déployée sur un Unitree Go2 Edu, robot quadrupède équipé d'un LiDAR 4D, d'une caméra de profondeur frontale et d'une centrale inertielle (IMU). L'objectif : faire circuler ce robot dans les allées étroites d'une bibliothèque réelle, en présence de lecteurs, de chaises, de sacs et de chariots, sans recourir aux hypothèses simplificatrices du terrain accidenté. La pile technique combine RTAB-Map pour la cartographie visuelle-LiDAR (SLAM), une fusion de capteurs par AMCL et filtre de Kalman étendu (EKF) pour la localisation, et la suite Nav2 avec algorithmes A* et DWA pour la planification de trajectoire et l'évitement local. Les résultats mesurés en environnement réel donnent un taux de succès de 100 % en scène statique, 96 % en présence d'obstacles dynamiques peu denses, et 88 % en haute densité dynamique. La précision cartographique, validée par comparaison avec des distances de référence levées sur site, affiche une erreur métrique moyenne de 3,7 cm. Ces chiffres sont notables car ils portent sur un déploiement en bibliothèque opérationnelle et non en laboratoire contrôlé. Le choix d'une plateforme à pattes plutôt que d'un AMR (robot mobile autonome) à roues basses répond à un problème concret : les transitions de sol (tapis, seuils, câbles au sol) et les passages partiellement obstrués dégradent la fiabilité des plateformes roulantes à faible garde au sol. La descente à 88 % en scène haute densité reste un plancher raisonnable pour un contexte de service public, mais les auteurs ne précisent pas la durée des séquences de test ni la reproductibilité statistique, ce qui limite l'extrapolation directe à un cahier des charges industriel. Unitree Robotics, constructeur chinois connu pour ses quadrupèdes grand public Go1 et Go2, positionne la variante Edu comme plateforme de recherche abordable face à des solutions comme le Spot de Boston Dynamics ou l'ANYmal de ANYbotics. Cette étude s'inscrit dans une tendance plus large d'adaptation des robots à pattes aux environnements intérieurs de service, jusqu'ici dominés par les AMR à roues. Les prochaines étapes naturelles incluent l'intégration d'une couche d'interaction vocale ou gestuelle avec les usagers, ainsi que des tests de robustesse sur des durées plus longues avec variabilité de l'achalandage.

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UniLM-Nav : un cadre unifié pour la navigation zero-shot du dernier kilomètre
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Des chercheurs présentent UniLM-Nav, un framework unifie pour la navigation dite du dernier mètre en manipulation mobile, capable de fonctionner en zero-shot sur du vocabulaire ouvert. Le problème vise: un robot peut atteindre les abords d'un objet ou d'un meuble cible sans que sa position finale permette réellement de le manipuler. UniLM-Nav décompose la tache en trois étapes traitées par un seul modèle multimodal de langage (MLLM): sélection de la vue de référence parmi les observations récemment collectées, identification du point d'affordance pertinent pour la tache dans cette vue puis projection dans le repère du robot, et calcul d'une pose de base compatible avec sa géométrie. Sur le benchmark OVMM, la méthode dépasse l'état de l'art précédent, MoTo, de 3,13 points de pourcentage. Les auteurs ont aussi teste le système sur un robot réel, un quadrupède Unitree B2 équipe d'un bras manipulateur Unitree Z1 a 6 degrés de liberté (DoF), validant l'approche au-delà de la simulation. Ce travail s'attaque a un maillon souvent néglige de la manipulation mobile: s'approcher d'une cible ne suffit pas si la pose finale rend la prise instable ou impossible. Les méthodes existantes réglaient ce problème via une annotation manuelle des poses ou un entrainement spécifique a chaque tache, deux approches couteuses qui passent mal a l'échelle en vocabulaire ouvert. En s'appuyant sur un MLLM partage pour résoudre sélection de vue, ancrage d'affordance et raisonnement géométrique, UniLM-Nav illustre une tendance de fond: les grands modèles multimodaux remplacent progressivement des modules géométriques spécialisés construits a la main. Les auteurs notent que le choix du MLLM sous-jacent a un effet substantiel sur la performance, un point a surveiller pour tout intégrateur voulant reproduire l'approche. Le passage de la simulation a un robot physique réduit un peu l'écart persistant entre démonstrations en laboratoire et déploiement réel qui marque encore la recherche en robotique mobile. Le problème du dernier mètre est identifie de longue date dans la littérature sur la manipulation mobile, la plupart des pipelines de navigation s'arrêtant a une proximité grossière de la cible sans garantir une pose exploitable pour le bras. La comparaison avec MoTo, présente comme la référence précédente sur OVMM (Open Vocabulary Mobile Manipulation), situe UniLM-Nav dans une lignée de travaux visant a généraliser la manipulation mobile a des objets et environnements non vus a l'entrainement. Le choix du matériel de validation, un quadrupède associe a un bras a 6 DoF, s'inscrit dans une tendance plus large a coupler locomotion a pattes et manipulation pour des environnements non structures. Publie sur arXiv (2607.06537), l'article ne mentionne aucun calendrier de commercialisation: il s'agit a ce stade d'une contribution de recherche, dont la reproduction sur d'autres plateformes testera sa robustesse au-delà du benchmark.

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Modèle de cognition du monde pour l'interaction humain-robot généralisable
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Modèle de cognition du monde pour l'interaction humain-robot généralisable

Un article scientifique publié sur arXiv (référence 2607.22999v1) présente WCM, pour World-Cognition Model, un agent robotique conçu pour rendre l'interaction homme-robot aussi fluide que celle qu'offrent déjà les agents conversationnels dans le logiciel. Le système repose sur une architecture baptisée SLAK, acronyme de Sensing, Logic, Action et Knowledge, qui sépare explicitement la perception, le raisonnement, le contrôle moteur et la mémoire. Cette séparation s'appuie sur un runtime asynchrone permettant au raisonnement, au dialogue et à l'exécution de se dérouler en parallèle plutôt que séquentiellement. WCM ajoute un mode d'apprentissage supervisé par l'humain, où l'utilisateur peut enseigner interactivement au robot des tâches longues ou complexes ; ces épisodes d'enseignement, combinés aux exécutions autonomes, sont ensuite convertis en données de supervision par chaîne de raisonnement (chain-of-thought) pour affiner le modèle en continu. Sur neuf tâches réelles d'interaction homme-robot, le système atteint un taux de réussite moyen de 73,8 %, y compris sur des tâches exclues de l'entraînement par chaîne de raisonnement et sur une tâche longue apprise uniquement par démonstration humaine. L'enjeu dépassé ici n'est pas tant la performance brute que la question de la contrôlabilité. Les approches dominantes actuelles, qu'il s'agisse des politiques vision-langage-action (VLA) ou des planificateurs fondés sur des modèles du monde, sont optimisées pour exécuter une instruction, mais laissent peu de visibilité à l'utilisateur sur les raisons d'une action donnée et peu de moyens de corriger ou réorienter le robot en cours de tâche. En proposant un mécanisme explicite de correction et d'enseignement en temps réel, WCM répond à un point de friction identifié par les intégrateurs industriels : un robot qui exécute bien mais s'explique mal reste difficile à déployer et à faire confiance sur des tâches non anticipées. Le travail s'inscrit dans la lignée des recherches récentes sur les modèles de fondation pour la robotique, où des architectures comme les VLA ont cherché à généraliser l'exécution de tâches à partir de démonstrations massives. WCM se positionne en complément plutôt qu'en rupture, en ajoutant une couche cognitive et interactive au-dessus du contrôle bas niveau. Les auteurs ne précisent pas de calendrier de déploiement industriel ni de partenaire commercial ; il s'agit à ce stade d'une publication de recherche, dont la prochaine étape logique serait l'extension à un plus grand nombre de tâches et de plateformes robotiques.

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