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L'application de compagnie émotionnelle aux 60 millions d'utilisateurs, générant des centaines de millions de revenus, lance un robot domestique
Chine/Asie36Kr 

L'application de compagnie émotionnelle aux 60 millions d'utilisateurs, générant des centaines de millions de revenus, lance un robot domestique

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Le groupe chinois Xinyan (心言集团), éditeur de l'application de bien-être émotionnel Ceice (测测), forte de plus de 60 millions d'utilisateurs depuis son lancement en 2013, a présenté son premier robot de compagnie familial, Buboo 1 (巴布), lors du salon WAIC 2026 à Shanghai. Haut de 65 centimètres, une taille calculée pour correspondre au niveau du regard d'un enfant de trois ans, le robot se distingue par une interaction dite proactive : sans mot de réveil, il détecte les expressions faciales, les gestes et la distance d'un utilisateur pour engager la conversation de lui-même, puis se retire discrètement en veille lorsque l'échange se termine. Buboo s'appuie sur le modèle propriétaire Xinyuan (心元), structuré en trois couches : un grand modèle de langage intégrant agents multiples, recherche augmentée (RAG) et mémoire longue durée ; une couche multimodale pour la reconnaissance vocale proche et lointaine et la synthèse vocale ; et un modèle embarqué baptisé xyVLA qui relie perception visuelle, compréhension et action motrice. L'ensemble a été entraîné sur le corpus émotionnel accumulé par Ceice, dont l'audience est composée à 80% de femmes, qui compte plus d'un million d'ouvertures quotidiennes et génère plusieurs centaines de millions de yuans de revenus annuels pour sa maison mère.

Le lancement de Buboo illustre une bifurcation stratégique observée dans l'ensemble du secteur de la robotique en 2026 : d'un côté les humanoïdes destinés aux usines et à la logistique, de l'autre des robots domestiques centrés sur l'accompagnement affectif et le lien intergénérationnel. Xinyan parie que la vraie barrière technique n'est pas la marche bipède ni la dextérité manuelle, mais la capacité à juger quand parler, à qui, et avec quel contenu adapté au contexte, un problème que les grands modèles génériques, entraînés sur du texte en ligne sans repères domestiques réels, ne résolvent pas. Pour un secteur où aucun robot familial n'a encore rencontré de succès commercial établi, la démonstration pose une question de fond : la mémoire émotionnelle longue durée et la perception multimodale ambiante suffisent-elles à transformer un gadget de salon en véritable compagnon quotidien ? Le choix de Xinyan, entreprise internet rentable sans expérience matérielle préalable, d'investir dans du hardware coûteux, signale aussi que des acteurs de services numériques aux marges confortables considèrent désormais le robot domestique comme une extension défendable de leur base d'utilisateurs plutôt qu'une diversification risquée.

Cette décision trouve son origine dans un constat interne : l'usage de Ceice chute nettement une fois les utilisateurs mariés et parents, alors même que les besoins affectifs (solitude parentale, anxiété liée à l'éducation, isolement des personnes âgées) ne font que croître à cette étape de vie, sans que l'interaction textuelle sur smartphone puisse y répondre. Buboo est ainsi pensé comme un prolongement physique du cycle de vie des utilisateurs de l'application plutôt que comme un produit indépendant, avec trois usages prioritaires : l'accompagnement linguistique détendu pour jeunes enfants, le soutien émotionnel de longue durée pour parents actifs et seniors isolés, et la capture d'images légère, déclenchée d'un geste de la main, convertie en style bande dessinée et traitée localement pour préserver la vie privée. Le robot peut aussi filmer de manière autonome des scènes du quotidien (enfants, personnes âgées, animaux) pendant l'absence de l'utilisateur, pour les lui transmettre à distance. Face à des concurrents jusqu'ici focalisés sur les articulations bioniques ou les démonstrations chorégraphiées, Xinyan mise sur cette présence émotionnelle comme différenciateur, sans toutefois communiquer de calendrier de commercialisation ni de prix pour Buboo 1, qui reste à ce stade au niveau de la démonstration WAIC plutôt que du déploiement pilote en famille.

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Humanoïde bionique doté de capteurs d'émotions : ce robot verse de vraies larmes en parlant
1Interesting Engineering 

Humanoïde bionique doté de capteurs d'émotions : ce robot verse de vraies larmes en parlant

Lors de la conférence Inclusion 2026 sur le Bund, à Shanghai, un robot humanoïde doté de capteurs d'émotion a fait couler de vraies larmes sur simple demande verbale d'un visiteur, l'un des moments marquants de l'événement. L'appareil s'appuie sur une architecture à trois couches conçue pour produire des réponses émotionnelles jugées naturelles plutôt que des animations préprogrammées. Jusqu'ici, la plupart des robots expressifs chinois utilisaient des servomoteurs tirant sur une peau en silicone pour former sourires ou froncements de sourcils ; la génération suivante doit remplacer ce système par des muscles bioniques placés sous une peau synthétique, censés élargir la palette d'expressions et permettre des transitions plus continues entre états émotionnels. Produire de vraies larmes ajoute une couche physiologique à cette architecture faciale, un signal jugé difficile à imiter par le seul mouvement mécanique. La démonstration s'est déroulée dans une exposition technologique parallèle de près de 15 000 mètres carrés réunissant plus de 300 exposants scientifiques et technologiques, au sein d'une conférence organisée autour d'un forum principal et de plus de 40 sous-forums, sur le thème « Building the AI Economy Together ». Pour les intégrateurs et décideurs de la robotique industrielle, l'épisode confirme que les développeurs chinois investissent désormais autant dans les détails physiologiques de l'expression émotionnelle que dans l'intelligence artificielle qui la pilote, ouvrant un axe de différenciation commerciale distinct de la course habituelle à la charge utile ou aux degrés de liberté. Il s'agit toutefois d'une démonstration contrôlée en salon, sans nom d'entreprise, de modèle ni de prix communiqués : une larme déclenchée à la demande dans un cadre scénarisé ne prouve ni la robustesse ni la reproductibilité du comportement en conditions réelles ou en usage prolongé. L'exercice illustre néanmoins une tendance de fond des grands salons chinois, où l'expressivité faciale devient un argument de vente à part entière face à des humanoïdes concurrents jugés plus rigides. Cette mise en scène prolonge une tendance observée depuis un an sur les salons technologiques chinois, où les robots à expression émotionnelle gagnent en visibilité, reflet d'une volonté sectorielle de rendre l'interaction homme-robot moins mécanique. L'architecture actuelle, fondée sur des servomoteurs et une peau en silicone, doit ainsi céder la place à des muscles bioniques encore en développement, sans calendrier de déploiement précisé par les organisateurs. Ni concurrents directs ni suites programmées, qu'il s'agisse de pilotes industriels ou de dates de commercialisation, n'ont été détaillés à l'occasion de cette présentation, qui reste pour l'heure un jalon isolé dans un mouvement plus large de sophistication émotionnelle des humanoïdes chinois.

Chine/AsieActu
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La start-up de robots domestiques Ola Dimensions lève plusieurs centaines de millions de RMB lors de son quatrième tour de financement
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La start-up de robots domestiques Ola Dimensions lève plusieurs centaines de millions de RMB lors de son quatrième tour de financement

Ola Dimensions, une startup chinoise de robots domestiques, a bouclé un tour de financement « angel plus » de plusieurs centaines de millions de yuans (RMB), selon le National Business Daily du 12 octobre. Des investisseurs nouveaux et existants y participent, dont Tuobang et Hony Capital. Il s'agit du quatrième financement de l'entreprise en environ six mois. Le montant exact, la valorisation et les spécifications du matériel n'ont pas été communiqués. Le fondateur, Zhou Shunbo, a quitté Huawei en mars 2026 pour créer la société, après avoir été le premier membre du laboratoire d'intelligence incarnée du groupe. Ola Dimensions développe des robots destinés au foyer et un système qui exploite les données d'interaction en conditions réelles pour améliorer leurs capacités. Cette levée illustre l'appétit du capital chinois pour la robotique domestique, un segment que la plupart des acteurs ont jusqu'ici jugé plus difficile que l'industrie ou la logistique. Le foyer exige de la manipulation dans des environnements non structurés, une sécurité à proximité des personnes et un coût compatible avec le grand public. Quatre tours en six mois, sans produit livré à ce stade selon les informations disponibles, traduisent surtout un pari sur l'équipe et sur la stratégie de données, et non une preuve de traction commerciale. L'approche par boucle de données réelles reprend l'hypothèse dominante du secteur: ce sont les volumes d'interactions collectées en conditions réelles, plus que la simulation seule, qui feront progresser les modèles vision-langage-action (VLA). Cette hypothèse reste à démontrer à l'échelle d'un parc de robots domestiques. Le positionnement initial vise d'abord les makers et les développeurs, avant une extension au grand public. C'est une trajectoire déjà empruntée par plusieurs acteurs de la robotique ouverte, qui permet de constituer une base d'utilisateurs et de données sans les exigences de fiabilité d'un produit de masse. L'entreprise se mesure à des concurrents américains comme Figure, 1X (avec NEO, orienté foyer) et Tesla avec Optimus, ainsi qu'à des acteurs chinois comme Unitree, qui occupe déjà le segment développeurs. Aucun calendrier de livraison ni de pilote n'a été annoncé. La prochaine étape à surveiller sera la présentation d'un premier prototype démontrable, puis un prix et une date de commercialisation.

UEPas d\'impact direct sur la France/UE

Chine/AsieActu
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Daxiao Robot a levé des centaines de millions de dollars : son fondateur révèle les fractures de l'industrie de l'IA incarnée
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Daxiao Robot a levé des centaines de millions de dollars : son fondateur révèle les fractures de l'industrie de l'IA incarnée

ACE Robotics (大晓机器人), fondée en juillet 2025 par Wang Xiaogang, co-fondateur de SenseTime, a annoncé le 15 juin 2026 la clôture d'un tour Angel+ réunissant Dachen Caizhong, Shenzhen Capital Group, le Shanghai Science and Innovation Fund, Muxin Shares, Fosun Ruizheng et le Lingang New Area Fund, avec un réinvestissement de l'actionnaire historique SenseTime Guoxiang Capital. Le cumul de levées 2026 dépasse désormais plusieurs centaines de millions de dollars, classant ACE parmi les premières licornes de la robotique incarnée en Chine. La startup dévoile simultanément Kairos 3.0, son modèle monde (world model) dédié à l'intelligence incarnée, revendiquant le SOTA sur quatre benchmarks mondiaux d'embodied intelligence, et publie en open-source Kairos 3.0-4B, présenté comme la première version capable de piloter un robot directement depuis un périphérique embarqué (edge device) sans serveur distant. Le corpus d'entraînement atteint un million d'heures d'interactions humain-environnement, obtenu via une collecte centrée sur l'acteur humain en situation réelle, soit dix fois le volume produit par télé-opération traditionnelle. Les modules A1 équipent des chiens robots pour l'inspection de voirie à Shanghai (secteur Ouest Rive), ainsi que des robots opérant dans des hôtels, des magasins sans caissier et des entrepôts logistiques automatisés. La levée met en lumière une fracture structurelle de l'écosystème chinois : contrairement à Figure, Tesla Optimus ou Physical Intelligence (Pi-0), qui internalisent la boucle matériel-données-modèle pour accélérer l'itération, les acteurs locaux fonctionnent encore en silos. Wang Xiaogang l'admet explicitement : les standards de collecte de données restent fragmentés, les corpus directement exploitables pour l'entraînement de modèles incarnés sont rares, et les cycles d'itération matérielle sont trop longs pour rester synchronisés avec la cadence des modèles. La réponse d'ACE est pragmatique : s'ancrer dans des scénarios B2B contrôlés et reproductibles (logistique, inspection routière), y collecter des données réelles en boucle fermée via des partenaires intégrateurs -- dont Shanhui Robots, acteur du retail sans caissier issu de l'écosystème SenseTime -- et abaisser le coût de la solution au tiers de la moyenne sectorielle par l'effet d'échelle. Cette stratégie scene-first sert aussi à valider la thèse du world model face aux VLA (vision-language-action) : Wang soutient que seul un modèle capable de comprendre, générer et prédire simultanément peut atteindre une véritable émergence de l'intelligence incarnée. Wang Xiaogang, co-fondateur de SenseTime depuis 2014, a délibérément créé ACE en juillet 2025, après la première vague de startups incarnées, pour capitaliser sur les impasses avérées des VLA et éviter les gaspillages en données et en calcul accumulés par ses prédécesseurs. En Chine, la concurrence se structure autour de niches sectorielles : Qianjue Technology (spin-off de l'Université Tsinghua) cible l'hôtellerie et les services commerciaux, tandis que Tasishi Zhihang, fondée par Chen Yilun (ex-chef scientifique du département automobile de Huawei), se concentre sur l'assemblage de faisceaux de câbles industriels. La feuille de route d'ACE progresse en trois temps : inspection routière et chiens robots (déjà en production), entrepôts logistiques (déploiements en cours), puis la sphère domestique grand public. Wang reste prudent sur les délais : Kairos n'a pas encore atteint l'équivalent d'un GPT-3 pour les modèles monde, ce seuil d'émergence à partir duquel les paradigmes de recherche se stabilisent et les capacités commencent à généraliser à grande échelle.

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Yisheng Technology, fondée par un professeur de HKU, lève des centaines de millions pour un système mémoriel robotique
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Yisheng Technology, fondée par un professeur de HKU, lève des centaines de millions pour un système mémoriel robotique

La startup chinoise TranscEngram (忆生科技), fondée en septembre 2023 par le professeur Yi Ma, doyen fondateur de la faculté d'informatique et de science des données de l'Université de Hong Kong, avec ses cofondateurs Gao Shenghua et Yang Yanchao, vient de boucler un tour d'amorçage de plusieurs centaines de millions de yuans. Parmi les investisseurs figurent Sino Biopharmaceutical (filiale du groupe CP), Pudong Chuangtou, Zhangjiang Kechuang, Zhangjiang Hi-Tech, Hongxin Electronics, Yunhui Capital, Volcan Capital et Jinduo Capital. Les fonds financeront un modèle de contrôle incarné explicable, un modèle du monde physique, un pipeline de données de mouvement humanoïde multimodal, ainsi que des centres de R&D et de production à Qianhai (Shenzhen) et Zhangjiang (Shanghai). L'architecture maison, baptisée "cerveau plus cervelet", combine une mémoire visuelle pour la perception spatiale et une mémoire musculaire pour le contrôle moteur haute fréquence, déclinée en quatre produits : EngramTeleOp pour la téléopération (latence inférieure à 10 ms, prise en main en cinq minutes, essais longue distance entre Shanghai et Shenzhen), EngramEgo pour la capture de mouvement à la première personne via des capteurs portables légers, EngramControl pour la mémoire de mouvement réutilisable, et EngramNav pour la navigation et la mémoire d'environnement. Selon l'entreprise, cette approche générative dépasserait de plus de trois fois les modèles VLA classiques sur des tâches multiples (préparation de café, pliage de linge, préparation de thé), avec plus de 95% de réussite pour un modèle unique. TranscEngram a déjà testé ses briques avec les groupes AgiBot, Fourier, Galbot et Robotera, et cible désormais l'hôtellerie haut de gamme ainsi que l'assemblage flexible dans l'aérospatial, notamment avec un fabricant de pièces d'avion d'origine Airbus. Cette levée illustre une bataille de fond dans la robotique humanoïde : dépasser les modèles vision-langage-action (VLA) actuels, jugés trop rigides face à un changement de tâche ou d'outil, au profit de systèmes capables de transférer une compétence d'un corps à un autre (pince, main habile, bras de longueurs différentes) sans réentraînement lourd. Yi Ma justifie ce pari par une critique frontale des grands modèles de langage en vogue, qu'il compare à des encyclopédies statiques incapables de s'auto-corriger au contact du monde physique, d'où leurs hallucinations selon lui. Les chiffres de performance avancés, un gain de trois fois et un taux de réussite de 95%, restent toutefois des mesures internes non vérifiées de façon indépendante, portant sur un nombre de tâches limité probablement choisi par l'entreprise ; ils relèvent davantage de la promesse que du produit éprouvé en environnement industriel réel. Le pari, s'il tient, viserait un vrai point de friction du secteur : le coût du redéploiement à chaque nouvelle tâche ou changement de gamme, un problème particulièrement sensible dans l'assemblage aérospatial où les lignes changent fréquemment de configuration. TranscEngram s'inscrit dans la vague de financements de l'IA incarnée en Chine, aux côtés d'acteurs comme AgiBot, Fourier, Galbot ou UBTech, et fait écho aux ambitions affichées par les Américains Physical Intelligence avec Pi-0, NVIDIA avec GR00T ou Figure avec Helix sur les modèles de fondation pour la robotique. Yi Ma, lauréat du prix Marr et fellow IEEE, ACM et SIAM, revendique des collaborations avec Emmanuel Candès et Yann LeCun pour asseoir la crédibilité scientifique du projet. La suite proche passe par deux pilotes commerciaux, l'hôtellerie haut de gamme (blanchisserie, fabrication de cartes, service en chambre) et l'assemblage flexible dans l'aérospatial avec ce fabricant lié à Airbus, tandis qu'un centre de données dédié dans le Sichuan doit accélérer la collecte de données tactiles pour les mains habiles. Aucun calendrier de déploiement commercial précis n'a pour l'instant été communiqué.

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