Aller au contenu principal
Interview : les deux membres fondateurs de MAESTRO racontent la naissance du consortium à l’Inria et au CNRS
FR/EU ecosystemeRobot Magazine FR 

Interview : les deux membres fondateurs de MAESTRO racontent la naissance du consortium à l’Inria et au CNRS

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Le consortium MAESTRO, né des travaux menés à l'Inria et au CNRS, a été présenté par deux de ses membres fondateurs, Justin Carpentier et Pierre-Guillaume Raverdy, dans une interview sur sa genèse et ses objectifs. Son ambition est de rapprocher la recherche française et européenne en robotique et intelligence artificielle des besoins concrets de l'industrie, en se concentrant sur les logiciels qui modélisent, simulent et contrôlent les mouvements des robots. La suite s'appuie sur des briques développées par l'équipe de recherche WILLOW (CNRS, PSL, Inria), conçues à l'origine pour des problématiques scientifiques de locomotion et de manipulation, et aujourd'hui utilisées par des équipes de recherche et des industriels du monde entier, de l'aérospatial aux plateformes humanoïdes de dernière génération. Ces outils couvrent désormais toute la chaîne : modélisation physique, simulation, optimisation et contrôle.

Cette structuration répond à une difficulté récurrente de la robotique académique européenne : des briques logicielles scientifiquement solides qui restent cantonnées au laboratoire faute de maintenance et de feuille de route alignée sur les contraintes industrielles. En intégrant des partenaires qui apportent leurs cas d'usage et confrontent les logiciels à des déploiements concrets, MAESTRO vise à accélérer le passage du prototype de recherche à l'outil industriel robuste. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, l'enjeu est celui d'une alternative européenne mutualisée face aux piles logicielles propriétaires des acteurs américains et chinois de la robotique humanoïde. Le consortium ne vend pas un robot mais une infrastructure logicielle commune, un positionnement qui relève autant de la souveraineté technologique que de la compétitivité scientifique.

MAESTRO prolonge les travaux de l'équipe WILLOW, qui a progressivement étoffé sa suite au-delà de ses cas d'usage d'origine. Justin Carpentier y situe une rupture méthodologique plus large : la robotique s'est longtemps appuyée sur des modèles mathématiques et le contrôle optimal, dont les fondements remontent aux années 1950, une approche rigoureuse mais qui suppose de décrire explicitement la dynamique du robot, ses contacts et ses objectifs, mise en échec dès que le geste se complique, comme un salto, par l'explosion du nombre de paramètres. L'IA a d'abord transformé la perception, remplaçant la description manuelle des objets par des représentations apprises depuis images et capteurs, capables de généraliser à des objets inédits. Elle transforme désormais la décision et l'action via l'apprentissage par renforcement et par imitation, qui permettent d'acquérir un mouvement par essais ou par démonstration humaine sans programmation geste par geste. Les progrès récents combinent vision, apprentissage et modèles de langage, une convergence sur laquelle l'interview s'arrête sans calendrier de déploiement industriel précisé.

Impact France/UE

Le consortium MAESTRO, porte par l'Inria et le CNRS, vise a bâtir une infrastructure logicielle européenne mutualisée pour la robotique humanoïde face aux piles propriétaires américaines et chinoises.

Dans nos dossiers

À lire aussi

Les robots IA de GFT Technologies passent de l'inspection à l'action pour les constructeurs automobiles
1Robotics Business Review 

Les robots IA de GFT Technologies passent de l'inspection à l'action pour les constructeurs automobiles

GFT Technologies SE, éditeur allemand de transformation digitale basé à Stuttgart, a annoncé le lancement d'une solution robotique intégrant l'IA directement dans l'action physique sur les lignes d'assemblage automobile. Là où la quasi-totalité des systèmes d'inspection visuelle existants se contentent de signaler une anomalie à un opérateur humain, GFT déploie désormais trois bras robotiques distincts capables, en séquence, de détecter et de retirer physiquement les pièces défectueuses sans intervention humaine. Le premier robot embarque une caméra fixée directement sur son préhenseur pour vérifier en temps réel le positionnement, les défauts visuels, ainsi que la lisibilité des étiquettes et numéros de série sur des pièces comme des pare-chocs, portières ou conduites. La solution est développée en partenariat stratégique avec Google Cloud dans le cadre d'un programme Industry 4.0, et s'appuie sur du matériel fourni notamment par NEURA Robotics. L'entreprise, qui emploie plus de 12 000 experts dans plus de 20 pays, cite Ford Motor Co. parmi ses clients en transformation des systèmes de production. L'enjeu est économique autant que technique. Un rappel de véhicule peut coûter plus de 500 dollars par unité à corriger, représentant des dizaines de millions de dollars pour un constructeur. Le principal blocage jusqu'ici n'était pas la détection, mais le délai entre l'alerte et la correction, incompatible avec la cadence d'une ligne moderne. GFT positionne sa solution comme une réponse directe à ce "gap insight-to-action". Sur le plan technique, la plateforme fusionne des données hétérogènes en temps réel : images de caméras d'inspection, vitesse de convoyeurs, signaux RFID de traçabilité des pièces. Brandon Speweik, responsable manufacturing chez GFT, note que les modèles actuels nécessitent désormais quelques centaines d'images pour l'entraînement, contre plusieurs milliers auparavant, ce qui réduit significativement le coût et le délai de personnalisation pour chaque constructeur. GFT Technologies revendique 35 ans d'expérience dans l'intégration pour l'industrie, avec une présence historique dans la banque, l'assurance et la manufacture. La solution robotique est présentée comme une extension naturelle de travaux antérieurs avec Google sur l'inspection visuelle assistée par IA. Sur le marché de l'inspection automatisée en milieu industriel, GFT se positionne face à des acteurs comme Cognex, Keyence ou des intégrateurs spécialisés, en misant sur une approche "clé en main" combinant software, robotique et connaissance métier. Le partenariat avec NEURA Robotics, startup allemande connue pour ses robots cognitifs, suggère une orientation vers des systèmes à capacités d'adaptation plus larges. L'article ne précise pas les volumes de déploiement actuels ni les timelines de généralisation, et la solution reste à ce stade une annonce commerciale sans chiffres de performance indépendants publiés.

UEGFT Technologies (Stuttgart) et NEURA Robotics (Allemagne) co-développent une solution d'inspection-action robotique pour l'automobile qui pourrait être adoptée par des constructeurs européens cherchant à réduire les coûts de rappel sur leurs lignes d'assemblage.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Hello Robot et A&K Robotics débattront de la navigation des robots dans les espaces intérieurs bondés à RoboBusiness
2Robotics Business Review 

Hello Robot et A&K Robotics débattront de la navigation des robots dans les espaces intérieurs bondés à RoboBusiness

RoboBusiness 2026 se tiendra les 20 et 21 octobre à Santa Clara, en Californie. Le premier jour, à 15h30 (heure du Pacifique), dans l'Engineering Theater, Aaron Edsinger, cofondateur et PDG de Hello Robot, et Matt Anderson, cofondateur et PDG d'A&K Robotics, donneront la session « Shared Spaces: Navigating Challenges for Indoor Robots ». Hello Robot construit des robots manipulateurs mobiles destinés aux personnes, dont le Stretch, présenté ici dans sa version 4. A&K Robotics développe une infrastructure de mobilité autonome pour des lieux très fréquentés comme les aéroports. Son produit Cruz est un pod autonome qui transporte des passagers dans les terminaux. Sa plateforme Kineos AI vise une autonomie « socialement intelligente », capable de se déplacer naturellement parmi les gens. Il s'agit d'une annonce de conférence : aucun chiffre de performance, aucune date de déploiement ni aucun client n'est communiqué. L'intérêt tient au sujet plus qu'à une nouveauté technique. La navigation en espace partagé est le point où l'on voit si un robot sort de l'entrepôt. Les obstacles y changent sans cesse, l'éclairage varie, les passages sont étroits et encombrés, et il faut s'intégrer à des infrastructures existantes tout en arbitrant entre autonomie et sécurité. Les deux entreprises abordent le problème par des voies opposées : un manipulateur mobile compact qui travaille près des personnes, et un véhicule porteur de passagers dans un flux dense. Cette confrontation est utile aux intégrateurs et aux exploitants de sites, car l'acceptation du public et la sécurité pèseront autant que la technologie. L'article reste en revanche muet sur les taux d'intervention humaine, les incidents et les volumes réellement déployés, soit les indicateurs qui séparent un pilote d'un service commercial. Edsinger a fondé quatre entreprises de robotique collaborative. Deux d'entre elles, Meka Robotics et Redwood Robotics, ont été rachetées par Google en 2013, où il a ensuite dirigé la robotique. Anderson affiche dix ans d'expérience, des drones autonomes aux dispositifs chirurgicaux, après un parcours d'expert-comptable, et met en avant sa capacité à traduire l'autonomie en solutions acceptables pour des institutions et des partenaires publics. Dans le même segment des robots évoluant près du public, des acteurs européens comme Pollen Robotics (Reachy) ou Enchanted Tools (Mirokaï) font face aux mêmes contraintes de sécurité et d'acceptation. Le salon rassemble des développeurs de robotique commerciale autour de la fabrication, de la santé, de l'agriculture et de la logistique. La session sera l'occasion de mesurer la maturité de ces approches, mais seuls les retours chiffrés des sites en exploitation permettront de la confirmer.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Le projet européen TALOS démontre des robots autonomes pour la maintenance de centrales solaires
3Robotics & Automation News 

Le projet européen TALOS démontre des robots autonomes pour la maintenance de centrales solaires

Le projet européen TALOS a achevé trois années d'essais de robots autonomes et d'IA appliqués à la maintenance de centrales solaires. La technologie a été démontrée sur des sites en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas. Financé par Horizon Europe, le programme de recherche de l'UE, TALOS a développé un système qui surveille les centrales, repère les problèmes de performance, détermine quelles interventions de maintenance sont rentables et formule des recommandations. L'extrait disponible ne donne ni le nombre de robots, ni les gains de production mesurés, ni les coûts, ni le niveau de maturité industrielle. Il s'agit donc d'une démonstration de projet de recherche, pas d'un produit commercialisé ni d'un déploiement à l'échelle. Le point notable est la couche de décision économique. Beaucoup de solutions de robotique solaire (nettoyage, inspection par drone) se limitent à détecter ou à exécuter une tâche. Ici, le système arbitre entre les interventions selon leur rentabilité, ce qui répond directement à la préoccupation d'un exploitant, dont les marges sont serrées. Pour les intégrateurs et les gestionnaires d'actifs, la question est de savoir si cet arbitrage tient hors des sites pilotes. Sans chiffres comparés à une maintenance humaine classique, il faut rester prudent sur la portée réelle. Le projet s'inscrit dans la montée en puissance du parc solaire européen, où la maintenance pèse sur le coût de l'énergie produite. Il se place face à des acteurs commerciaux déjà actifs sur le nettoyage robotisé ou l'inspection aérienne. Les prochaines étapes dépendront de la publication de résultats chiffrés et d'un éventuel transfert vers des partenaires industriels. Aucun pilote commercial n'est mentionné à ce stade.

UEProjet de recherche financé par Horizon Europe, testé en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas, qui illustre la robotique de maintenance solaire européenne sans pilote commercial annoncé.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Comau s'associe à Omron pour accélérer l'automatisation industrielle avancée dans les secteurs manufacturiers en forte croissance
4Robotics & Automation News 

Comau s'associe à Omron pour accélérer l'automatisation industrielle avancée dans les secteurs manufacturiers en forte croissance

Comau, filiale robotique de Stellantis basée en Italie, et Omron Robotics, division automation du groupe japonais Omron Corporation, ont signé un accord de collaboration stratégique destiné à accélérer le déploiement de solutions d'automatisation industrielle avancée. Le partenariat cible quatre segments à forte croissance : l'électronique, les semi-conducteurs, la fabrication médicale et l'intralogistique industrielle légère. L'accord porte sur la commercialisation conjointe de solutions flexibles et rapidement déployables, sans que les termes financiers ni les premières installations clients n'aient été communiqués à ce stade. L'intérêt industriel de ce rapprochement tient à la complémentarité des portefeuilles : Comau apporte ses bras robotiques industriels et cobots (dont la gamme AURA) ainsi que son expertise en intégration de lignes complexes, tandis qu'Omron couvre la mobilité autonome (AMR série LD/HD) et les robots collaboratifs TM. Pour un intégrateur ou un COO industriel, cette alliance réduit le nombre d'interlocuteurs pour construire une cellule complète alliant manipulation fixe et transport autonome, un besoin réel dans les ateliers de semi-conducteurs ou de dispositifs médicaux où les flux sont fragmentés et les changements de série fréquents. Il convient toutefois de noter que l'annonce reste au stade de l'accord-cadre, sans déploiement terrain confirmé. Comau opère depuis les années 1970 et a renforcé son positionnement cobot et exosquelette (MATE) après son spin-off partiel de Stellantis. Omron Robotics, de son côté, concurrence directement MiR (Rockwell), Fetch Robotics (Zebra) et Locus Robotics sur le segment AMR. Ce type d'alliance entre robotique fixe et mobile suit une tendance observée chez ABB/Asti et FANUC/iLink, signalant que la course aux solutions d'automatisation bout-en-bout s'intensifie à l'échelle mondiale.

UEComau (Italie/Stellantis), acteur européen clé de la robotique industrielle, renforce son offre bout-en-bout avec les AMR Omron, ce qui pourrait bénéficier aux industriels européens des secteurs semi-conducteurs et médical cherchant à réduire leurs interlocuteurs d'intégration.

FR/EU ecosystemeActu
1 source