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Nouvelle antenne de 10 watts permet aux robots sous-marins de communiquer à 700 mètres de profondeur
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Nouvelle antenne de 10 watts permet aux robots sous-marins de communiquer à 700 mètres de profondeur

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Nouvelle antenne de 10 watts permet aux robots sous-marins de communiquer à 700 mètres de profondeur
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Des chercheurs de l'Université de Floride ont publié dans l'IEEE Journal of Oceanic Engineering les résultats de BlueME, un système d'antennes magnétoélectriques compactes conçu pour la communication entre robots sous-marins autonomes. Le système consomme au maximum 10 watts, moins qu'un système de caméra stéréo standard, tout en maintenant des liaisons de données stables entre deux AUV (véhicules sous-marins autonomes) séparés par plus de 700 mètres. Il émet des signaux électromagnétiques à très basse fréquence (VLF) et basse fréquence (LF) en exploitant la résonance mécanique naturelle d'un réseau d'éléments magnétoélectriques qui vibrent pour générer le signal, plutôt que de forcer une transmission brute à travers le milieu aquatique. Le projet est piloté par le Dr Md Jahidul Islam, spécialiste de la robotique marine, en collaboration avec le Dr Adam Khalifa, dont les recherches portent habituellement sur les implants médicaux sans fil miniaturisés, une combinaison interdisciplinaire qui a directement inspiré l'approche technique.

L'enjeu est considérable pour les opérations multi-AUV actuelles : faute de canal de communication suffisant, les drones sous-marins ne peuvent échanger que des informations rudimentaires, et toute mise à jour de mission ou transmission de données complexes oblige les engins à remonter en surface, interrompant les opérations et allongeant massivement les cycles. BlueME cherche à combler ce vide en proposant une liaison robuste là où les technologies acoustiques (sonar) souffrent des échos et de la turbidité, et où les communications optiques laser sont bloquées par les particules en suspension. Les 10 watts affichés sont une métrique utile, mais les conditions réelles de test (profondeur, salinité, configurations multi-antennes) ne sont pas encore entièrement documentées dans les communiqués disponibles, un point à suivre lors des prochaines publications. Si les performances se confirment en déploiement réel, les intégrateurs de systèmes offshore et les opérateurs de surveillance environnementale disposeraient d'un outil permettant, selon les termes d'Islam, qu'un robot "ping" l'opérateur toutes les dix minutes pour permettre des décisions en temps réel sans interrompre la mission.

L'idée centrale est née d'une analogie inattendue : le corps humain est lui-même constitué d'eau légèrement salée, un environnement que Khalifa a passé des années à traverser avec des signaux sans fil pour ses implants. Cette convergence disciplinaire a conduit l'équipe à réexaminer les contraintes physiques de la propagation sous-marine depuis une perspective biomédicale. Le brevet provisoire a été déposé et l'équipe recherche activement des partenariats industriels pour passer du prototype à l'intégration sur des sous-marins autonomes commerciaux. Dans le paysage concurrentiel, BlueME se positionne face aux systèmes de modems acoustiques (WaterLinked, EvoLogics) et aux communications optiques sous-marines (Sonardyne BlueComm), en promettant une immunité aux perturbations sédimentaires que ces deux approches ne peuvent garantir. Les prochaines étapes annoncées portent sur le financement, la montée en échelle du prototype et les premiers essais sur plateformes commerciales.

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La technologie BlueME représente une concurrence potentielle pour EvoLogics (Allemagne) et Sonardyne (Royaume-Uni), acteurs européens des communications acoustiques sous-marines pour AUV.

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Des chercheurs de l'Université de Floride ont développé BlueME, une antenne magnétoélectrique compacte permettant à des robots sous-marins autonomes de communiquer entre eux sur plus de 700 mètres de profondeur. Dirigé par le Dr Md Jahidul Islam, spécialiste en robotique marine, le projet repose sur un réseau d'antennes qui vibrent à leur fréquence naturelle pour émettre des signaux électromagnétiques à très basse fréquence. La consommation énergétique du système est remarquablement faible : environ 10 watts à pleine puissance, soit moins qu'une caméra stéréo standard. Ces signaux traversent les eaux troubles, les sédiments et les environnements sous-marins les plus hostiles sans être perturbés par les particules en suspension ni les échos, contrairement aux technologies acoustiques ou laser actuellement utilisées. Cette percée répond à une limitation critique des drones sous-marins actuels : incapables d'échanger des données complexes en pleine mission, ils doivent régulièrement interrompre leurs opérations et remonter à la surface pour transmettre des informations ou recevoir de nouvelles consignes. BlueME élimine cette contrainte en offrant des communications robot-à-robot fiables et continues dans des profondeurs significatives. Les applications envisagées sont nombreuses et concrètes : les marines militaires pourraient déployer des essaims de drones coopératifs pour détecter des dangers sans exposer de personnel humain, les entreprises offshore pourraient automatiser l'inspection de pipelines sous-marins, et les scientifiques pourraient surveiller des écosystèmes marins en temps réel sans interruption de mission. L'origine de BlueME illustre la fécondité des collaborations interdisciplinaires inattendues. Le Dr Adam Khalifa, spécialiste des implants médicaux miniatures sans fil, a rejoint le projet en apportant une analogie surprenante : le corps humain, composé essentiellement d'eau légèrement salée, pose aux signaux sans fil des défis physiques similaires à ceux rencontrés en milieu sous-marin. L'eau salée absorbe rapidement les ondes radio, forçant habituellement le recours à des antennes volumineuses ou à des niveaux de puissance élevés pour maintenir une communication. En transposant les techniques développées pour faire transiter des signaux à travers les tissus humains, l'équipe a conçu une architecture radicalement différente. Alors que la course à l'autonomie des drones sous-marins s'intensifie, notamment dans les secteurs de la défense, de l'énergie et de la recherche océanographique, BlueME positionne l'Université de Floride comme un acteur clé d'une infrastructure de communication sous-marine qui reste aujourd'hui l'un des derniers grands angles morts des réseaux connectés mondiaux.

UELa technologie BlueME pourrait bénéficier aux acteurs européens du secteur offshore et de la surveillance sous-marine (inspection de pipelines, monitoring d'écosystèmes), mais reste à un stade de recherche universitaire sans déploiement industriel imminent en Europe.

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Lightwheel annonce 100 millions de dollars de commandes au premier trimestre pour son infrastructure de robotique à IA physique
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Lightwheel annonce 100 millions de dollars de commandes au premier trimestre pour son infrastructure de robotique à IA physique

Lightwheel, startup américaine spécialisée dans l'infrastructure pour robots physiques, annonce avoir enregistré environ 100 millions de dollars de commandes au cours du seul premier trimestre 2026. La société développe des briques logicielles dédiées à la simulation, à la génération de données synthétiques, à l'évaluation de modèles et au déploiement à l'échelle de robots pilotés par de l'intelligence artificielle physique. Le communiqué ne précise ni les clients ni les volumes unitaires concernés, ce qui limite la portée des chiffres annoncés. Ce résultat, s'il se confirme, illustre un changement de phase dans le secteur : les industriels cessent d'expérimenter et commencent à chercher des solutions d'infrastructure clé-en-main pour passer des prototypes au déploiement réel. L'infrastructure de formation, simulation haute fidélité, pipelines de données synthétiques, évaluation en boucle fermée, émerge comme un marché autonome, distinct de la fabrication des robots eux-mêmes. Pour les intégrateurs et les équipes d'automatisation, cela signifie que la question n'est plus seulement "quel robot acheter ?" mais "quelle stack d'entraînement et de qualification choisir ?". Lightwheel s'inscrit dans l'écosystème dit de la "physical AI", terme popularisé par NVIDIA avec sa plateforme Isaac et ses partenaires comme Agility Robotics, Boston Dynamics ou Figure. Ses concurrents directs sur le segment données-simulation incluent Scale AI, Synthesis AI et les stacks propriétaires que développent en interne les fabricants de robots humanoïdes. La prochaine étape à surveiller : des références clients nommées et des métriques de déploiement réel, seuls indicateurs capables de valider que la demande annoncée se traduit en robots effectivement opérationnels en production.

InfrastructureActu
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La convergence des systèmes de perception, de l'automobile aux robots
3Robotics Business Review 

La convergence des systèmes de perception, de l'automobile aux robots

Une nouvelle génération de robots mobiles - AMR en entrepôts et hôpitaux, drones à longue autonomie, humanoïdes opérant aux côtés des humains - exige désormais des architectures de perception radicalement différentes de celles des décennies précédentes. Là où les capteurs jouaient autrefois un rôle secondaire dans le contrôle, ils constituent aujourd'hui l'entrée principale : la vision haute résolution guide la navigation et la manipulation dextère, le traitement audio multi-microphones permet la localisation sonore et l'interaction vocale, tandis que les capteurs de force et de toucher affinent la préhension et l'équilibre. Ces modalités doivent être synchronisées en temps réel pour alimenter la fusion sensorielle et les boucles de contrôle fermées. Le vrai défi n'est plus de concevoir un capteur isolé ou un modèle autonome, mais de faire fonctionner ensemble, de manière fiable, la perception, la connectivité, le calcul, l'énergie et la sécurité dans des environnements imprévisibles. Ce défi est précisément celui qu'a résolu l'industrie automobile en traitant le véhicule comme un système nerveux distribué : un réseau intégré de capteurs, de processeurs embarqués, de liaisons de communication et d'éléments de contrôle, conçu pour se comporter de façon prévisible dans des conditions réelles. La robotique converge aujourd'hui vers ce même modèle architectural. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, les implications sont concrètes : les données doivent arriver rapidement et de façon déterministe, les capteurs sont physiquement distribués à travers des articulations mobiles ou de longs câbles, et les défaillances doivent être détectables et localisables en temps réel. Les plateformes qui manquent d'observabilité sur l'intégrité des capteurs ou l'état énergétique deviennent de plus en plus fragiles à mesure que leur complexité augmente, rallongeant les cycles de débogage et rendant les déploiements terrain coûteux. A contrario, une architecture conçue avec des diagnostics embarqués et une connectivité déterministe réduit l'incertitude et transforme la sécurité en accélérateur d'itération plutôt qu'en contrainte. Analog Devices (ADI), fabricant de semi-conducteurs à l'interface des marchés automobile et des nouvelles mobilités, signe cette analyse pour promouvoir le transfert de ses technologies automotive-grade vers la robotique et les drones - un parti pris commercial qu'il convient de garder à l'esprit. Ces composants ont été développés sous des contraintes sévères : conditions électriques difficiles, enveloppes thermiques étroites, durées de vie longues et tolérance zéro aux défaillances silencieuses. Des liaisons vision haute bande passante et faible latence permettent, par exemple, la perception multi-caméra sur de grandes structures robotiques, tandis que des réseaux audio déterministes supportent la localisation sonore et l'interaction naturelle avec les humains. ADI se positionne ainsi face à NVIDIA (Jetson, Isaac), Qualcomm et Texas Instruments dans la fourniture de briques de traitement embarqué pour robots et drones. L'article ne cite aucun déploiement en volume ni chiffre de performance concret - il relève davantage du positionnement stratégique que du retour terrain, et les prochaines étapes évoquées restent au stade des perspectives génériques.

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QNX présentera des démonstrations pratiques et de nouvelles recherches au Robotics Summit
4The Robot Report 

QNX présentera des démonstrations pratiques et de nouvelles recherches au Robotics Summit

QNX, la division logicielle temps-réel de BlackBerry Ltd., sera présente au Robotics Summit & Expo les 27 et 28 mai 2025 à Boston, avec trois démonstrations interactives et le lancement d'une étude de marché inédite. Sur le stand, la société présentera un bras robotique d'entrée de gamme capable de détecter et imiter les gestes humains pour saisir des objets, en s'appuyant sur son programme QNX Everywhere qui offre un accès gratuit au logiciel pour le prototypage. Un second démonstrateur simule un environnement de "Digital Factory Automation" : un bras industriel piloté par QNX OS fusionne données lidar et vision pour détecter et éviter les obstacles en temps réel, avec réponse déterministe immédiate dès qu'un objet ou une personne entre dans son périmètre. Le troisième poste, tournant sur hardware Intel et NVIDIA, exploite la détection de pose par IA pour répliquer les mouvements d'un visiteur sur un avatar à l'écran, ciblant explicitement les plateformes utilisées dans les robots humanoïdes. En parallèle, QNX dévoilera son "Inside the Robot: Architecture Benchmark Report", une étude basée sur 1 000 développeurs en robotique à l'échelle mondiale, qui cartographie les freins à l'adoption, les écarts entre ambitions système et capacités réelles, et les tendances du secteur. John Wall, président de QNX, participera au keynote d'ouverture "Building the Next Era of Robot Autonomy" aux côtés de représentants d'Amazon Robotics, Locus Robotics et Universal Robots. La participation de QNX à ce salon illustre une tension structurelle du marché : les équipes d'IA embarquée savent entraîner des modèles, mais peinent à garantir le comportement déterministe requis dès lors que ces modèles pilotent des actionneurs physiques en environnement humain. QNX positionne son RTOS (Real-Time Operating System) comme la couche d'exécution qui traduit les décisions d'un VLA (Vision-Language-Action model) ou d'un module de pose detection en commandes moteur à latence bornée et prévisible. Le benchmark report est potentiellement plus significatif que les démos : avec 1 000 répondants développeurs, il devrait objectiver les vrais goulots d'étranglement du cycle sim-to-real, là où la majorité des communications sectorielles restent des annonces produit sans données comparatives. Pour un COO industriel ou un intégrateur, la question clé n'est pas "est-ce que le bras évite les obstacles en démo" mais "quel est le taux de défaillance certifiable en production", ce que l'étude prétend adresser. QNX existe depuis 1980 et son RTOS est historiquement déployé dans l'automobile (ADAS, infotainment), le médical et l'aérospatiale, des secteurs où la certification fonctionnelle (ISO 26262, IEC 61508) est non-négociable. L'entrée en robotique collaborative et humanoïde représente une extension logique à mesure que ces systèmes quittent les cages industrielles pour les entrepôts et espaces partagés. Sur ce terrain, QNX affronte Wind River (VxWorks), ROS 2 avec son middleware DDS pour le temps-réel souple, et des stacks propriétaires comme ceux qu'embarquent Boston Dynamics ou Figure AI. Le programme QNX Everywhere, qui ouvre l'accès gratuit pour le prototypage, est une réponse directe à l'adoption massive de ROS dans les labs universitaires et startups. Les suites concrètes à surveiller : la publication du benchmark report lors du salon, et d'éventuelles annonces de partenariats OEM avec des fabricants de bras collaboratifs ou de plateformes humanoïdes dans les mois suivants.

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