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Are les fournisseurs prêts pour les nouvelles normes de sécurité des robots ?
RegulationRobotics Business Review 

Are les fournisseurs prêts pour les nouvelles normes de sécurité des robots ?

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Résumé IASource uniqueImpact UE

KUKA, l'un des plus grands fournisseurs de robotique industrielle pour l'automobile, illustre les enjeux d'une transition réglementaire majeure qui s'annonce pour le secteur. La norme ISO 10218:2025, version actualisée du référentiel de sécurité pour les robots industriels, doit devenir obligatoire pour le marquage CE en Europe dans le cadre du nouveau règlement Machines UE 2023/1230, qui remplacera la directive Machines 2006/42/CE le 20 janvier 2027. Reste une étape critique en suspens mi-2026 : l'inscription officielle de la norme au Journal officiel de l'Union européenne, préalable indispensable à son entrée en vigueur légale. Lors de la précédente révision de 2011, ce processus d'harmonisation avait pris plus d'un an, ce qui laisse craindre un calendrier très serré, voire un dépassement de l'échéance de 2027, d'autant que la demande manufacturière européenne reste faible et que les PME subissent des pressions de coûts. Aux États-Unis, l'Association for Advancing Automation et l'ANSI ont publié en septembre 2025 leur propre mise à jour, la norme R15.06-2025, alignée sur les standards ISO mais purement volontaire.

Cette différence de statut juridique ne doit pas masquer un enjeu commercial commun : les grands équipementiers, déjà largement prêts pour cette transition, devraient voir leur position concurrentielle renforcée, tandis que les fournisseurs de taille moyenne ou émergents, souvent moins avancés dans leur mise en conformité, risquent de perdre l'accès à certains marchés. En Europe, l'investissement nécessaire pour se conformer à la norme pèsera à court terme sur des vendeurs déjà fragilisés par la contraction du marché entre 2023 et 2025, mais ceux qui absorberont cette transition seront mieux placés pour capter une demande industrielle de plus en plus sensible aux questions de sécurité. Aux États-Unis, bien que la norme reste non contraignante sur le plan légal, les grands donneurs d'ordre et intégrateurs l'exigent fréquemment dans leurs cahiers des charges, et l'OSHA peut s'y référer comme benchmark en cas d'accident, rendant la conformité de facto incontournable pour qui vise ce marché.

Le contexte plus large est celui d'un marché américain en reprise depuis le second semestre 2025, mais toujours fragilisé par les tensions géopolitiques et la hausse des prix du pétrole, pendant qu'en Europe le calage précis entre le calendrier réglementaire et la publication au Journal officiel reste la grande inconnue. Pour les fournisseurs, la marge de manœuvre se réduit : anticiper la mise en conformité devient un facteur de différenciation avant même l'entrée en vigueur formelle du texte.

Impact France/UE

Le règlement Machines UE 2023/1230, qui rendra la norme ISO 10218:2025 obligatoire pour le marquage CE des robots industriels en Europe à partir du 20 janvier 2027, impactera directement tous les fournisseurs vendant sur le marché européen, en particulier les PME et fournisseurs émergents moins avancés dans leur mise en conformité.

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L'Organisation internationale de normalisation (ISO) révise ISO 13482, sa norme de sécurité pour les robots de soin personnel, vieille de douze ans. La mise à jour est actuellement en phase d'approbation finale. Elle couvre l'identification des dangers, l'évaluation des risques et différents scénarios d'utilisation, mais n'établit ni seuils contraignants, ni méthodes de test, ni mécanismes d'application pour les risques liés à l'interaction humain-robot. C'est précisément ce manque que dénonce Jae-Seong Lee, chercheur en politique technologique à l'Electronics and Telecommunications Research Institute de Daejeon (Corée du Sud), dans une interview accordée à IEEE Spectrum. La norme entre en phase finale au moment où les fabricants d'humanoïdes domestiques basculent des prototypes de laboratoire vers des produits destinés à de vraies maisons, de vrais aidants et de vraies familles. Le problème central identifié par Lee est autant conceptuel que technique : la sécurité d'un robot domestique n'est pas une propriété fixe de la machine, elle émerge de la relation entre le robot et l'humain. L'interaction est bidirectionnelle, le robot modifie le comportement de l'humain, et l'humain modifie ce que le robot perçoit et décide ensuite. Les normes industrielles classiques peuvent borner la tâche, l'espace de travail et la population concernée. Dans un domicile, le robot doit s'adapter à des personnes âgées, des enfants, des visiteurs, des animaux, du désordre et des espaces confinés. Ce ne sont pas des cas marginaux : c'est le cadre opérationnel de base. Contraindre l'enveloppe d'un humanoïde domestique pour la rapprocher d'un robot industriel reviendrait à annuler son utilité. Par ailleurs, les entreprises qui constituent les jeux de données d'entraînement envoient déjà des travailleurs salariés filmer leurs tâches quotidiennes dans des logements ordinaires à travers le monde, ancrant la variabilité réelle du terrain dans les modèles. Le problème de sécurité se situe donc au niveau du système humain-robot complet, pas d'un composant isolé. ISO 13482 avait été publiée en 2014, dans un contexte où les robots de soin se limitaient à des assistants de mobilité et des plateformes relativement simples. Douze ans plus tard, des acteurs comme Figure AI, Boston Dynamics, 1X ou Agility Robotics positionnent des humanoïdes polyvalents comme prochaine étape du travail domestique et du maintien à domicile. En Europe, des entreprises comme Enchanted Tools avec son Mirokaï ou Wandercraft évoluent dans des environnements réglementaires similaires, ce qui leur confère une exposition directe à ce vide normatif. Le déficit identifié par Lee est avant tout un déficit de gouvernance : la communauté technique comprend le couplage bidirectionnel, le cadre normatif reconnaît les dangers associés, mais aucune norme ne traduit aujourd'hui cette compréhension en règles applicables pour l'autonomie domestique. Une question reste aussi ouverte : qui décide quel comportement humain est "normal" ? Quelle démarche sert de référence, et quel seuil de risque est acceptable pour une personne âgée à mobilité réduite par rapport à un adulte valide ? Sans réponse à ces questions, la prochaine génération de robots domestiques arrivera sur le marché sans cadre de sécurité adapté à sa réalité opérationnelle.

UEEnchanted Tools (Mirokaï) et Wandercraft sont explicitement cités comme directement exposés au vide normatif d'ISO 13482, qui n'impose aucun seuil contraignant ni méthode de test pour l'autonomie domestique.

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Les compagnies aériennes américaines interdisent les robots humanoïdes en cabine face aux inquiétudes de sécurité
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Delta Air Lines et United Airlines viennent d'interdire le transport de robots humanoïdes sur leurs vols, que ce soit en bagage cabine, en bagage enregistré ou en soute cargo. United a inscrit les robots à forme humaine dans une catégorie d'objets prohibés, distincte des appareils électroniques grand public classiques. Delta applique une règle similaire mais la qualifie pour l'instant de temporaire, refusant tout robot conçu pour imiter l'apparence, la taille, le mouvement ou le comportement d'un humain ou d'un animal, quelle que soit sa taille ou sa destination. Ces décisions font suite à celle de Southwest Airlines, prise plus tôt cette année après qu'un robot humanoïde a été transporté à bord d'un de ses vols, un épisode largement relayé qui a mis en lumière l'absence de procédures claires pour ce type d'appareil. Les robots aspirateurs, jouets robotisés et autres appareils électroniques restent, eux, autorisés sous réserve des règles habituelles sur les batteries au lithium et les bagages. Ces interdictions traduisent un problème très concret pour l'industrie robotique et ses intégrateurs B2B: le décalage entre le rythme de déploiement des humanoïdes et l'absence totale de cadre réglementaire adapté à leur transport, leur stockage et leur manutention. Bras et jambes articulés, dimensions inhabituelles, composants lourds, systèmes de batteries lithium-ion multiples et complexes, autant de caractéristiques que les règles aériennes existantes, pensées pour de l'électronique standard, ne couvrent pas. Pour un secteur qui vend l'idée d'humanoïdes bientôt déployés en usine, en logistique ou en service client à grande échelle, le fait que de simples compagnies aériennes se retrouvent à improviser des interdictions faute de procédure de sécurité montre que la logistique du dernier kilomètre, transporter, stocker, assurer un robot, reste largement impensée en dehors du site de déploiement lui-même. L'élément déclencheur reste l'incident Southwest, qui a soulevé des questions inédites sur la classification, le placement en soute ou en cabine, le stockage des batteries et les procédures d'urgence applicables à un robot capable de bouger ou de peser lourd. Southwest a réagi la première en interdisant les robots humanoïdes et zoomorphes, ouvrant la voie à United et Delta. Rien n'indique pour l'instant de position harmonisée entre transporteurs américains, ni d'intervention de la FAA ou de l'IATA pour fixer une norme commune, ce qui laisse chaque compagnie fixer ses propres critères. À mesure que des acteurs comme Figure, Tesla (Optimus) ou Agility Robotics multiplient les démonstrations et les premiers déploiements pilotes, la question du transport aérien de ces machines, entre deux sites clients ou vers un salon professionnel, devrait rapidement s'imposer comme un point de friction supplémentaire pour la filière.

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Les autorités américaines viennent d'ajouter un nouvel obstacle à l'expansion internationale des entreprises robotiques chinoises. La Federal Communications Commission (FCC) a inscrit mardi les « dispositifs robotiques avancés » de fabrication étrangère sur sa Covered List, la liste des équipements jugés à risque pour la sécurité nationale. Concrètement, cette décision bloque l'obtention de l'autorisation nécessaire pour importer et commercialiser aux États-Unis tout nouveau modèle concerné : humanoïdes, quadrupèdes, et un large éventail de machines mobiles connectées. La FCC justifie cette mesure par des inquiétudes liées à la chaîne d'approvisionnement. Pour les fabricants chinois de robotique, aujourd'hui en pointe sur les humanoïdes et les robots quadrupèdes, cette décision ferme une porte d'entrée majeure vers le marché américain au moment où le secteur cherche justement à passer du prototype à la commercialisation à grande échelle. Elle envoie aussi un signal aux intégrateurs et décideurs industriels occidentaux : l'accès aux plateformes robotiques chinoises les plus avancées pourrait se restreindre durablement, les poussant à diversifier leurs fournisseurs ou à privilégier des alternatives américaines et européennes. Ce geste s'inscrit dans la continuité d'une Covered List historiquement utilisée contre les équipementiers télécoms chinois comme Huawei ou ZTE, avant d'être désormais étendue à la robotique. Il intervient alors que des entreprises chinoises comme Unitree ou UBTech se sont imposées comme des références mondiales de l'humanoïde à bas coût, concurrençant directement les acteurs américains comme Figure ou Tesla. Reste à savoir si d'autres juridictions occidentales suivront cette logique protectionniste.

UELes intégrateurs industriels européens pourraient devoir diversifier leurs fournisseurs de robotique chinoise, ouvrant une opportunité pour des alternatives américaines et européennes.

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Agility présente six recommandations pour les politiques américaines sur les robots humanoïdes
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Basé sur ces déclarations, la robotique humanoïde industrielle s'invite dans le débat réglementaire américain. Peggy Johnson, directrice générale d'Agility Robotics (constructeur du robot Digit, déployé notamment chez GXO et Schaeffler), a présenté dans une récente vidéo six recommandations destinées aux décideurs politiques américains. Premier point : réduire la dépendance aux composants importés, en particulier les aimants permanents pour moteurs, dont la Chine contrôle 90% de la capacité de production mondiale selon un rapport de McKinsey. Deuxième axe : adopter une stratégie nationale coordonnée entre agences fédérales et industriels, en réponse à l'objectif chinois affiché dès 2023 de production de masse d'humanoïdes pour 2025. Johnson appelle aussi à privilégier des normes volontaires et des cadres de sécurité pilotés par l'industrie, en s'appuyant sur les travaux déjà en cours à l'ISO, au NIST et à l'ASTM, plutôt qu'une réglementation contraignante. Les trois derniers piliers concernent le soutien fédéral à la formation des techniciens et aux partenariats avec les établissements d'enseignement, ainsi que des incitations financières pour abaisser le coût d'entrée à l'automatisation pour les petits fabricants. Cette prise de position illustre la bascule d'un secteur encore largement expérimental vers une phase de lobbying industriel classique, signe que les humanoïdes commencent à peser économiquement aux yeux de leurs fabricants. Pour les intégrateurs et décideurs industriels américains, l'argument central de Johnson est celui d'un risque de dépendance stratégique : sans intervention publique, la chaîne d'approvisionnement en composants critiques (aimants, actionneurs) resterait sous contrôle chinois, fragilisant à terme la base industrielle domestique. C'est aussi une manière pour Agility de peser dans la définition des normes de sécurité avant qu'elles ne soient figées par la réglementation, un enjeu direct pour la commercialisation de robots amenés à travailler aux côtés d'humains en entrepôt. La référence à la recherche montrant que les robots complètent plutôt qu'ils ne remplacent la main-d'œuvre vise aussi à désamorcer par avance l'opposition syndicale. Ces recommandations s'inscrivent dans un contexte de concurrence sino-américaine déjà bien documentée sur les semi-conducteurs et les batteries, désormais étendue à la robotique humanoïde. Le communiqué mentionne explicitement AGIBOT et son robot G2 comme illustration de l'avance industrielle chinoise en volume de déploiement. Agility Robotics, qui a déjà noué des partenariats commerciaux concrets avec des logisticiens américains pour son robot Digit, n'est pas un acteur neutre dans ce débat : ses recommandations servent aussi ses propres intérêts commerciaux en cherchant à sécuriser un accès facilité aux composants et un cadre réglementaire favorable avant que des concurrents chinois ou d'autres humanoïdes américains (Figure, Tesla Optimus, Apptronik) ne s'implantent davantage sur le marché domestique. Aucun calendrier législatif concret n'est pour l'instant associé à ces six propositions, qui restent à ce stade des recommandations et non des mesures adoptées.

UELa dépendance aux aimants permanents chinois évoquée par Agility concerne aussi la chaîne d'approvisionnement robotique européenne, mais ces recommandations visent exclusivement le cadre réglementaire américain, sans acteur ni institution française ou européenne impliqués.

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